Discours de Virginie le 23 septembre 2000

Il y a trois semaines jour pour jour, on était ici à Hydra et je lisais dans "Hiroshima mon amour" ces quelques lignes qui m'ont tout particulièrement émue. Je me suis alors rendue compte que cette "rencontre littéraire" n'était sûrement pas due au hasard, et que c'était ce que j'avais envie de vous dire ce soir:

"Cet homme est un homme moderne (...). Il ne serait dépaysé profondément dans aucun pays du monde.
Il coïncide avec son äge, et physiquement, et moralement.
Il n'a pas "triché" avec la vie. Il n'a pas eu à le faire: c'est un homme que son existence a toujours intéressé et toujours suffisamment intéressé pour qu'il ne "traîne" pas derrière lui un mal de l'adolescence qui fait, si souvent, les hommes de quarante ans, des faux jeunes hommes encore à la recherche de ce qu'ils pourraient bien trouver à faire, pour paraître sûrs d'eux-mêmes. Lui, s'il n'est pas sûr de lui-même, c'est pour de bonnes raisons.
Il n'a pas de vraie coquetterie mais il n'est pas négligé non plus. Il n'est pas coureur. Il a une femme qu'il aime, deux enfants. Il aime cependant les femmes. Mais jamais il n'a fait une carrière "d'homme à femmes". Il croit que ce genre de carrière-là est une carrière de "remplacement" ..., et ... suspecte. Que celui qui n'a jamais connu l'amour d'une seule femme est passé à côté et de l'amour et même de la virilité."

Alain, je t'ai reconnu dans ces lignes.
Totalement.
Et, je n'ai rien à ajouter.
C'est toi.
Merci Marguerite Duras.

Lu à Hydronetta le samedi vingt-trois septembre deux mille.

 
  

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